Les 7 résolutions RSE 2018

La démarche RSE est une vision intégrée à la vie de l’entreprise. C’est un tremplin pour produire de l’innovation, optimiser les performances et donner du sens à sa croissance. Améliorer sa productivité par la responsabilisation et l’engagement : un « win-win  » incontournable en ce début d’année 2018.
Comme la RSE se doit d’être force de proposition, nous avons dressé une liste de 7 bonnes résolutions. Objectif : dépoussiérer les projets en cours et ouvrir de nouvelles perspectives pour doter votre business d’un réel avantage compétitif.

1/ Identifier les enjeux clés
La politique RSE la plus efficace est celle qui s’implante au cœur même des enjeux business de l’entreprise.
Par exemple, Danone a réduit l’intensité totale de ses processus industriels liés à l’eau de 47 % depuis 2000. L’objectif est d’atteindre 60% de réduction en 2020. Cet enjeu est pertinent car son empreinte sur l’environnement est un pilier important de la démarche RSE du groupe.
Pensez à l’analyse de matérialité : une méthode incontournable pour identifier les enjeux clés de son entreprise et se ses parties prenantes.
Entre business et développement durable, elle permet l’identification des actions ou des secteurs clés sur lesquels agir en priorité pour améliorer ses performances en matière de RSE.

2/ S’engager
Ne prenez pas simplement de bonnes résolutions, osez l’engagement avec des objectifs chiffrés et clairs ! La RSE se situe à l’avant-garde d’une profonde mutation du Business Model des entreprises ; s’engager sur l’avenir c’est construire au présent une identité de marque responsable.
Un engagement bien fixé permet de clarifier la vision de l’entreprise auprès des parties prenantes. Vos collaborateurs ne seront que plus enclins à atteindre les objectifs.
Cela, le groupe Suez l’a bien compris et s’engage sur une série d’objectifs chiffrés à l’horizon 2021 comme, par exemple :  » Réduire de 10% les émissions directes et indirectes de Gaz à Effet de Serre (-30% en 2030) « .

3/ Fixer des indicateurs de performances
Comme chaque début d’année les réunions s’enchaînent pour discuter résultats, objectifs & stratégies. L’enjeu est considérable car c’est de l’orientation même de l’entreprise dont il est question. Pas de place pour le  » à-peu-près « , il faut convaincre à grand coup de chiffres et d’arguments.
Les indicateurs sont la clé de voûte d’une politique RSE bien menée. Ils permettent de quantifier la stratégie pour l’incorporer convenablement au paradigme économique. Il convient alors de se poser les bonnes questions : Que doit-on analyser ? Quels indicateurs sont à mettre en place ? etc.
Les indicateurs serviront à nourrir le dialogue en interne mais également à établir une analyse approfondie en vue d’optimiser les performances. A titre d’exemple, le groupe Plastic Omnium Environnement s’engage sur la réduction des accidents de travail et de la consommation énergétique en suivant une série d’indicateurs clés.
Même pour les entreprises qui disposent déjà d’une base solide d’indicateurs, il est toujours possible de s’améliorer ou de s’attaquer à de nouveaux chantiers : Quelle est par exemple l’empreinte carbone des trajets réalisés par les collaborateurs sur le temps de travail ? A combien s’élève la consommation énergétique des serveurs de l’entreprise ? etc.

4/ Renforcer la gouvernance pour une meilleur cohérence
De la même manière qu’il y a un lien entre objectifs économiques à long terme et respect de la planète, il y a un lien direct entre RSE et bonne gouvernance. Il faut donc faire preuve de pédagogie auprès des membres du conseil d’administration et du comité de direction car ce sont eux qui assureront la cohérence au sein de l’entreprise.
Nous l’avons dit, la RSE s’implante au cœur du business, elle doit donc être intégrée dans la stratégie à long terme. L’entreprise Veolia incorpore par exemple les objectifs RSE 2020 à sa gouvernance pour que chaque membre du comité exécutif soit responsable de la mise en œuvre des indicateurs décidés.
Pierre Victoria, directeur du développement durable du groupe, témoignait pour Bref ECO TV lors des rencontres de l’entreprise responsable :  » Ce sont les conseils d’administration qui définissent les orientations stratégiques. Ce sont eux qui donnent de la durabilité pour faire en sorte que l’entreprise soit complètement alignée sur le lien qui existe entre son modèle économique et la RSE « .


5/ Placer les collaborateurs au cœur de la stratégie RSE
Impliquer tous les collaborateurs est essentiel pour pérenniser la stratégie RSE. Comme pour l’implantation d’un nouvel outil de gestion, il faut que les employés soient concertés, informés et formés. Selon une étude réalisée par Viavoce ; en 2016 66% des salariés ne savaient pas à quoi correspondait la RSE. Un chiffre qui en dit long sur le manque de communication en interne.
La politique RSE mise en place représente également une formidable opportunité de Team Building pour stimuler l’esprit d’équipe et améliorer le cadre de travail. La vie de bureau est en effet un vrai miroir de l’ADN d’une entreprise, à ne surtout pas négliger ! Vous changez de locaux ? Passez par Upcycly pour confectionner en équipe le mobilier écoresponsable de votre nouvel environnement de travail. Une pause cigarette ? Préférez la pause verte avec les potagers  » team building  » de l’entreprise Ciel mon radis. Etc. Chaque moment de vie est une potentielle opportunité pour souder vos équipes et faire émerger une conscience RSE.

6/ Travailler avec tous les acteurs de la vie économique
Votre entreprise n’est pas la seule à mettre en place une politique RSE, n’hésitez pas à collaborer avec les ceux qui partagent vos valeurs.
Ouvrir le dialogue avec les parties prenantes, voir même avec les concurrents, permet à terme de réduire les coûts et d’optimiser ses performances en matière de RSE. Selon l’association E-RSE, les entreprises ont trop tendance à déléguer et à isoler la stratégie RSE :  » Avec une bonne stratégie de dialogue avec les parties prenantes, on peut mieux identifier les enjeux importants, mieux les prioriser, et élaborer des actions plus pertinentes « .
Ainsi, INTERBEV, la filière élevage et viande française, n’a pas hésité à nouer le dialogue avec des ONG (malgré des positions fortes éloignées), afin de construire une stratégie à long terme qui fasse sens avec les réalités du terrain.

7/ Donnez de la visibilité à vos actions
Votre entreprise prend le pari de vouloir se développer de façon durable, il serait dommage de vous priver d’un si beau levier de communication !
En interne comme en externe, appliquez plus de transparence et mettez en avant votre politique RSE. Les parties prenantes reconnaîtront la juste valeur de vos engagements. Si vous ne l’avez pas déjà fait, ouvrez une section  » développement durable  » sur votre site internet. Pensez également à vous faire labelliser auprès des organismes compétents.
A titre indicatif ; une étude internationale menée par UNILEVER en 2017 montre qu’un tiers des consommateurs (33%) achètent désormais des produits auprès des marques qu’ils perçoivent comme positives pour l’environnement et la société.
Une opportunité business chiffrée à près de 1000 milliards d’euros pour les enseignes qui clarifient leurs choix en matière de développement durable.

Une fois ces résolutions bien établies, il nous reste alors à vous souhaiter nos meilleurs vœux pour ce début d’année 2018. Soyez assuré de notre engagement pour vous accompagner tout au long de vos nombreux projets.

Stratégie environnementale lignes de force et paradoxe

Contraintes réglementaires sans cesse renforcées et RSE, sujet d’actualité incontournable, façonnent une opinion publique de plus en plus avertie et donc de plus en plus exigeante vis-à-vis des entreprises, a fortiori des entreprises leaders travaillant dans le secteur de l’environnement.
Or de nombreuses décisions environnementales sont prises sans que leur empreinte soit réellement perçue par le public et sans que leur bénéfice soit mis au crédit des entreprises qui les mettent en œuvre. Pourtant, la dimension environnementale est devenue un enjeu stratégique, particulièrement dans les appels d’offres.

Comment donc se doter d’une image environnementale valorisante, à hauteur des investissements consentis ?

Les 4 étapes clés d’une stratégie environnementale efficace

Les actions
Tout part de la réalité : les investissements et les actions menées au sein de l’entreprise donnent des résultats concrets : quantité, qualité, pertinence, cohérence, caractère innovant, impact…
La RSE se mesure, à la condition de mettre en place des « marqueurs » simultanément à la mise en œuvre des investissements et des actions.

Les bénéfices
Tout d’abord, un paradoxe : la RSE est une stratégie et des actions destinées à répondre à des enjeux qui intéressent la société toute entière. Pour autant, les décisions environnementales prises par une entreprise sont avant tout des actes de saine gestion qui rapportent en termes de réduction des coûts, de production et de gain d’image. C’est donc l’entreprise qui en tire prioritairement les bénéfices !

Cependant, pour que les décisions soient perçues comme de véritables décisions environnementales, il faut qu’elles soient EXPLICITEMENT au service d’un bénéfice collectif (la collectivité, la planète, les hommes). Il convient donc de définir la mission de l’entreprise, dans le cadre de sa responsabilité sociétale et la traduire en termes de moyens consentis. Ensuite, il sera nécessaire qu’elle se donne des moyens d’atteindre les objectifs de la mission : elle doit ainsi structurer son action autour d’engagements*.

Le rayonnement
L’efficacité de la démarche environnementale dépend évidemment de sa visibilité au sein de la communication de l’entreprise. Elle ne peut être fondue au sein des messages généraux portant par exemple sur la marque, la qualité, l’innovation ou le prix.
La visibilité environnementale doit être clairement assumée comme un axe majeur. C’est plus une question de priorité que de budget. Par exemple, le « développement durable » mérite une rubrique à part entière sur le site de l’entreprise.

L’adhésion et l’implication des collaborateurs
La stratégie est généralement et naturellement impulsée et portée par la direction générale !
Mais cela implique, pour être vécue et partagée par tous les collaborateurs :
concertation : les décisions sont précédées par une information poussée et un appel aux bonnes idées.
adhésion : la démarche doit être acceptée et appliquée au quotidien dans tous les secteurs d’activité. Elle constitue l’occasion de renforcer le sentiment de fierté et d’appartenance à l’entreprise.
innovation : pour améliorer les modes de fonctionnement, revoir les relations hiérarchiques, inventer de nouveaux modes de travail et décloisonner les services.

Stratégie environnementale lignes de force et paradoxe

En conclusion :
L’action environnementale impacte le management de l’entreprise, en interne dans la modification des procédés de fabrication ou l’adoption de nouvelles technologies comme en externe par la qualité environnementale du produit.
En respectant les 4 étapes d’une stratégie environnementale bien comprise et bien menée, l’entreprise se dote d’une image « vertueuse », particulièrement nécessaire dans un contexte juridico-économique en forte mutation.
La RSE, à l’instar du digital, est en train de révolutionner le management des entreprises. Mais elle est avant tout source d’opportunité de croissance et de rentabilité.

* Il faut noter, à ce niveau, que le rapport RSE, document obligatoire, contribue peu à l’image environnementale d’une entreprise. C’est un outil d’information normé, technique et à faible audience, plus qu’un support de communication.

Rapport RSE : où en est-on ?

Les entreprises –quelle que soit désormais leur taille- ne peuvent plus ignorer les règles de leur responsabilité sociale et environnementale. La mutation est en cours et un long chemin reste à parcourir pour que la démarche soit réellement sérieuse.
Fin 2016, alors que l’avis d’un organisme tiers indépendant sur le rapport RSE devient obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés et de plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, la démarche RSE a toujours un problème de crédibilité. En effet, 66% des salariés ne savent pas à quoi sert la RSE, la moitié des personnes l’assimile à une opération cosmétique, 21% pensent qu’il s’agit d’une opération de communication*. Pourtant, l’encadrement juridique ne cesse de se renforcer et le contexte international rend la RSE incontournable pour les entreprises.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), explications
La RSE est la prise en compte des ces deux enjeux – sociaux et environnementaux- dans la stratégie, la production et la gestion de l’entreprise. Celle-ci n’a plus uniquement pour but premier la satisfaction de l’actionnaire, elle doit aussi contribuer au bien commun.
Le standard international donné par la norme ISO 26 000 décline :
-la contribution de l’entreprise au développement durable, à la santé et au bien-être de la société
-la prise en compte des attentes des salariés et citoyens
-le respect des lois en vigueur
-l’intégration dans l’ensemble de l’entreprise et de ses relations extérieures commerciales ou autres de principes de transparence et d’éthique.

Toutes les questions centrales doivent être traitées par l’entreprise :
-la gouvernance de la société
-les droits de l’homme
-les relations et conditions de travail
-l’environnement
-la loyauté des pratiques
-les relations avec les consommateurs
-la prise en compte des communautés en lien avec l’entreprise et le développement local.

Les organismes tiers indépendants
Un rapport RSE ne peut être sous la seule responsabilité de l’entreprise. Il doit être validé par une société agréée dans cette activité. Cet « organisme tiers indépendant » (OTI) examine les informations RSE données par l’entreprise et regarde si ces données ont bien été mises en œuvre. L’activité des OTI est régulée par un arrêté du 13 mai 2013 paru au JO du 14 juin 2013.

Un contexte international porteur
Les entreprises ne peuvent plus aujourd’hui se contenter de tricher avec leur RSE. Elles ne peuvent plus ignorer le contexte international de plus en plus prégnant.

Les objectifs du développement durable
Adoptés à l’assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2015, les 17 objectifs du développement durable s’imposent désormais à la communauté internationale. D’ici 2030, il ne doit plus y avoir de pauvreté, plus de faim, une couverture santé universelle, l’égalité entre les sexes, un travail décent pour tous les hommes, la réduction des inégalités, une production responsable. Tous ces objectifs concernent au premier chef les entreprises. Elles impliquent :
• La prise en compte de l’origine des matières premières et de l’énergie utilisées pour la fabrication de biens
• L’action en faveur des conditions de travail et d’existence des salariés de l’entreprise, de ses fournisseurs et de ses sous-traitants y compris ceux qui sont installés dans des pays en voie de développement
• L’amélioration des conditions de vie des communautés locales et citoyennes vivant à proximité et sous l’influence de l’entreprise
• La recherche des économies d’énergie et de toutes les mesures permettant de produire mieux et sans polluer

Rapport RSE : où en est-on ?
Le réchauffement climatique
La lutte contre la hausse des températures mondiales devient un enjeu commun y compris pour les entreprises. Les plus importantes se réunissent depuis plusieurs années autour d’organismes de l’ONU comme le Global Compact. Plus de 9000 sociétés dans le monde adhèrent à Global Compact dont les buts sont ceux du RSE.
Les rapports RSE comportent obligatoirement un bilan carbone de l’entreprise qui inclut non seulement les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre dans son fonctionnement, mais aussi celles des transports, des fournitures de matière première et de l’activité des sous-traitants.
L’association « we mean business » qui œuvre pour une activité bas carbone, regroupe près de 500 entreprises représentent 1800 milliards de dollars de chiffres d’affaire et 183 investisseurs pesant 20 000 milliards de dollars.

La réglementation, où en est-on ?
En Europe
La Directive relative à la publication d’informations extra-financières et d’informations relatives à la diversité (directive 2014/95/UE) est entrée en vigueur en décembre 2014.
6 000 grandes entreprises cotées sur les marchés de l’UE ou exerçant des activités dans les secteurs de la banque et de l’assurance de plus de 500 salariés et 40 millions d’euros de chiffre d’affaire doivent publier chaque année des informations relatives à leurs impacts environnementaux, sociaux, au respect des droits de l’homme et à la lutte contre la corruption. Les premiers rapports doivent être publiés en 2018.
Selon la Directive, la Commission est tenue d’élaborer des lignes directrices non contraignantes sur la méthodologie applicable à la communication des informations non financières.

En France
L’obligation d’un rapport RSE pour les entreprises est inclue dans la loi Grenelle 2.
La directive européenne est en cours de traduction en droit français.
En 2013, le Premier Ministre a installé la plateforme nationale d’action globale pour la RSE qui regroupe 48 organisations professionnelles. Elle est organisée en trois groupes de travail :
• Réalisation d’une cartographie des pratiques de RSE des TPE/PME
• Le reporting extra-financier des entreprises
• La vigilance des sociétés mères vis-à-vis de leurs filiales.
La loi de transition énergétique adoptée à l’été 2015 oblige à établir un rapport sur les risques financiers liés aux changements climatiques. L’article 173 de cette loi impose que le rapport de gestion comprenne des informations sur la manière dont la société prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité.
*d’après le baromètre de l’entreprise responsable réalisé par Viavoice et diffusé en décembre 2016

COP22, il faut agir maintenant !

Adopté le 12 décembre 2015 à Paris lors de la «Conference of parties » (COP) 21, l’Accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique est officiellement entrée en vigueur le 4 novembre 2016. Et maintenant que va-t-il se passer ?

La ratification
Pour que l’accord international entre en vigueur, 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent avoir ratifié le texte selon leurs procédures parlementaires. Au 31 octobre 2016, 94 États sur 195,pesant 66% des émissions de gaz à effet de serre, avaient adopté le texte. La COP peut donc entrer en action.

L’objectif
La communauté internationale s’est fixé pour objectif de limiter la hausse mondiale des températures à moins de 2°C et «si possible » la contenir à 1,5°C. La hausse mondiale des températures depuis 130 ans est de 0,89°C. Reste donc 0,6°C de marge.

Les moyens pour y parvenir : les contributions nationales
Avant la COP21 à Paris, la grande majorité des États avaient fait parvenir à la Convention onusienne sur le climat leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre. En faisant le total de ces «bonnes intentions », l’ONU s’est aperçue que ces efforts impliquaient une hausse des températures de 3°C. Les Etats vont donc revoir leur copie et entreprendre des politiques plus ambitieuses sur les secteurs de l’énergie, de l’industrie, des transports, de l’habitat et de l’agriculture.
• À Marrakech, les négociateurs vont donc commencer à discuter de la mise en œuvre de ces plans nationaux : comment mesurer les émissions, comment vérifier que les politiques sont bien efficaces. Les premiers plans débuteront en 2018. Ils feront l’objet d’une vérification en 2023. Puis l’exercice se répètera tous les cinq ans.

cop22
Les autres sujets qui seront abordés à Marrakech
L’adaptation. Dans ce seul mot se résument les efforts de politique publique pour que l’économie prenne bien en compte les effets du réchauffement climatique afin de diminuer les dommages. Le développement économique doit être désormais cohérent avec l’accord de Paris. Les sujets sont nombreux : habitat économe en énergie, infrastructures de transports publics, traitement des déchets et économie circulaire, énergies renouvelables, urbanisme…
Les finances. Les pays développés ont promis un fonds d’aide aux pays en voie de développement de 100 milliards de dollars par an dès 2020. Cette promesse sera d’autant plus abordée que le Maroc fait partie des demandeurs. Il faudra notamment décider comment et par qui cette somme sera fournie et comment elle sera répartie.
Le renforcement des capacités. Il s’agit de la formation, de l’éducation et des transferts de connaissances à effectuer vers les pays les moins développés. Ceux-ci ont peu de chercheurs, ingénieurs et étudiants qui peuvent porter une politique d’adaptation de leur pays au changement climatique. Il s’agit donc de former des personnes compétentes et d’aider à la création de cadres juridiques et politiques nationaux pouvant garantir l’efficacité de l’action nationale. C’est aussi un moyen pour les pays donateurs de vérifier que l’argent du fonds d’aide est bien employé.

Les négociations qui débutent cette semaine sont marquées par l’urgence.
Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) martèle que la tendance actuelle amène la communauté internationale vers un montant total des émissions de 54 milliards de tonnes de CO2 en 2030, alors qu’il ne faudrait pas dépasser 42 milliards à cette date. Il faut donc agir dès maintenant et ne pas attendre 2020 comme il est spécifié dans l’accord de Paris. La Présidence marocaine de la COP22 a donné aux 15 jours de Marrakech le nom de « COP de l’action ». On ne saurait mieux dire.