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Les arbres, notre meilleur espoir face au dérèglement climatique ?

« Nos poumons brulent »

Il y a quelques semaines, les réseaux sociaux ont été le théâtre d’une communauté internationale en émoi, révoltée par les incendies ayant ravagés – et ravageant  toujours – des centaines de milliers d’hectares en Amazonie, Afrique et Indonésie.

Sous nos yeux, c’est tout un écosystème crucial pour la survie de notre espèce et de la biodiversité qui disparait, relâchant par la même occasion un nuage de carbone dans l’atmosphère, une épine de plus pour la lutte contre le dérèglement climatique.

Si les raisons de ces incendies sont relativement connues (déforestation, sècheresse due au réchauffement climatique), des chercheurs de la FAO anticipent la montée en puissance et fréquence de ces feux violents dans le futur.

 

Reforester pour l’avenir

 

En réponse à cela, la reforestation est indéniablement vue comme une solution essentielle pour compenser les effets néfastes de ces incendies. Grâce au système de photosynthèse de l’arbre lui permettant de stocker du carbone tout au long de sa vie, il joue un rôle d’inhibiteur dans l’accumulation des gaz à effet de serre.

353 millions d’arbres en 12h en Éthiopie en juillet 2019, 1 milliard d’arbres en Australie d’ici 2050, 50 millions plantés par l’entreprise Timberland d’ici 2025… Nombreuses sont les opérations « coup de poing » menées par certains pays et acteurs de la scène privée en réponse à cette catastrophe climatique.

Des chercheurs de l’université ETH de Zurich encouragent cette démarche dans leur recherche publiée dans la revue Science en juillet dernier. Dans cette dernière, ils affirment qu’une reforestation massive sur 900 millions d’hectares permettrait d’absorber 2/3 du carbone aujourd’hui présent dans l’atmosphère. Ils établissent notamment un cadre d’action de reboisement ciblé sur les plus grands pays en termes de superficie : la Russie, le Canada, les États-Unis, la Chine, le Brésil et l’Australie.

 

 

Peut-on cependant conclure que planter des arbres représente notre meilleur espoir face au dérèglement climatique ?

 

Tout d’abord, « il ne faut pas planter n’importe comment » prévient Arnaud Gauffier, co-directeur des programmes au WWF France. Planter des monocultures par exemple, résulterait à créer des forêts beaucoup moins résistantes à la sécheresse et aux parasites tandis que recréer un écosystème naturel en plantant diverses espèce végétales permettrait d’assurer une forêt résiliente et un piégeage de carbone optimal (Pr Thierry Gauquelin, Atlantico).

A contrario, certains scientifiques comme Frédéric Amiel, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales, propose de privilégier les forêts de monocultures pour notre consommation de bois, qui bien souvent est temporaire, et de laisser les vieilles forêts, bien plus complexes à remplacer, finir le cours de leur vie et jouer leur rôle de puits de carbone.

 

Recentrer le débat sur les énergies fossiles

 

Finalement, alors que ces programmes de reforestation augmentent en popularité, de nombreux scientifiques tentent de recentrer le débat et les actions collectives sur « le nerf de la guerre » : les énergies fossiles, qui représentent selon eux une menace bien plus importante sur le dérèglment climatique. Comme Myles Allen, professeur de science du géosystème à Oxford, ils affirment qu’il n’existe pas de solution naturelle à l’utilisation de ce type d’énergie et que seul l’homme a la responsabilité d’en diminuer sa consommation.

Ainsi, les programmes de reforestation et d’agroforesterie avec les populations locales, s’ils sont exécutés de façon pragmatique et judicieuse, restent un levier d’impact important pour la lutte contre le dérèglement climatique.

Il ne faut cependant pas s’arrêter là et s’attaquer à d’autres horizons d’impact, nécessitant l’appui incontestable des entreprises et des gouvernements.

 

 

 

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